Chaque jour est un adieu

Alain Rémond

"Je sursaute à cette seule idée : d'autres gens y habitent, dans notre maison. Et ça reste complètement insupportable. Combien de temps a-t-elle été à nous ? J'avais six ans quand on s'y est installés. J'en avais vingt-cinq à la mort de ma mère, quand elle a été vendue. Pourtant, je n'arriverais jamais à en parler autrement que de notre maison. On y a été tellement heureux et parfois, aussi, si totalement désespérés, nous tous, les dix enfants. Et nos parents. J'habite loin de Trans, maintenant, depuis longtemps, mais il m'arrive de repasser devant la maison, en tremblant. Et c'est comme si je me brûlais, en approchant de la fenêtre. Parce qu'en même temps que ce bonheur, il y a eu trop de malheurs;"

Un jeune homme est passé

A 18 ans, Alain Rémond quitte Trans, petite bourgade bretonne et berceau de sa famille, et se destine à devenir prêtre. Jeune novice, puis étudiant en philosophie et théologie, il va voyager entre Québec et Rome, devenir instituteur-coopérant en Algérie suivant ainsi les traces de son père. Partisan d'"une Eglise à inventer", il renoncera pourtant quelques années plus tard à ce qu'il croyait être sa vocation.

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